Go Dawgs!

Publié le par Eloyne


Après Koh Lanta, le Club Med.

8 jours d'orientation pour nos amis les étudiants internationaux, incluant des activités aussi diverses que le bowling, la traditionnelle visite à Walmart, et d'autres réunions plus sérieuses sur l'université, la ville, et les problèmes de visa.

Ca a commencé très fort lundi, où nous avons passé plus de 4 heures à faire la queue, dont 2 pour se voir attribuer un petit bracelet rouge, et 2 pour se voir attribuer un numéro et des coupons de réduction au restaurant universitaire. Ici ça s'appelle l'inscription administrative. Chez nous ça tient plus de la colonie de vacances.

Le petit bracelet rouge, on nous a bien expliqué qu'il fallait le garder une semaine et ne l'enlever sous aucun prétexte (même sous la douche) puisqu'il nous permettrait de participer à toutes les activités merveilleuses que nos 10$ suffisaient à peine à couvrir. Une fois marqués, nous avons été parqués par petits groupes en attendant d'être acheminés en mini bus à la prochaine destination administrative. La supervision des événements avait été confiée à un petit groupes de 33 jeunes volontaires, en 3e ou 4e année à l'université, officiellement affublés du doux nom de “World Leaders”, puisqu'ils devaient être nos guides pendant cette difficile première semaine d'adaptation. Je rappelle qu'il s'agit d'une université américaine, donc aucune ironie là dessous. On nous a bien rappelé à grands renforts d'applaudissements, que ces 33 World Leaders étaient des volontaires, qui n'était PAS PAYES et qui sacrifiaient plus de 500 heures pour certains à la cause internationale. Je connais peu d'étudiants français, aussi désoeuvrés qu'ils soient, qui accepteraient de sacrfier plus d'une demi journée à ce type d'activité. Ici non seulement il y en a 33 – pour seulement 200 nouveaux étudiants internationaux, c'est du vrai suivi – mais si j'ai bien compris, ils ont dû refuser du monde. Comme me l'expliquait un malheureux étudiant éconduit, la compétition est rude, et pour être World Leader, il faut un CV parfait, et lui ne parle couramment que 2 langues, il participe donc volontairement à l'orientation, en espérant être World Leader l'année prochaine. Ici où le CV est roi pour entrer dans des programmes prestigieux, le caritatif et le volontariat valent autant qu'un diplôme.

Cela explique peut être en partie pourquoi nos gentils animateurs étaient beaucoup plus enthousiastes que nous, pauvres petits étudiants internationaux avec nos poches de décallage horaire sous les yeux. C'est sous les cris de World Leaders surexcités “Allez tout le monde, un peu plus d'enthousiasme!!!!!”, “ouaaiiiiisss on est pas bien ici????” que nous avons passé la semaine d'orientation.

Dès le deuxième jour, les réunions sérieuses ont commencé : quels bus prendre à Athens? Ou manger? Comment écrire un chèque? Nous nous sommes retrouvés par petits groupes de 10 avec 2 gentils animateurs de l'âge de mes élèves pour une petite foire aux questions : “ouais alors pour ça je sais pas mais si tu vas sur le site de l'université, tu tapes ça et tu vas voir y aura toutes les informations, quoi”. Dans un deuxième temps, on nous a tous réunis dans une grande salle, et on a tous applaudi très fort les World Leaders qui font un travail formidable, et nous aussi on s'est applaudis par la même occasion pour avoir été acceptés à l'université.

Pour célébrer notre arrivée, la responsable des étudiants internationaux (une vraie employée de l'université cettes fois) a tenu à nous expliquer qu'ici on honorait la mascotte de l'université (et de l'équipe de football) : le bulldog. Elle a ensuite levé le poing très haut et nous a fait une démonstration du cri de guerre de l'université “GO DAWGS WOOF WOOF WOOF GO DAWGS HOOOOO”. Les asiatiques un peu affolés ont cherché “dawgs” sur leur petit traducteur de poche, sans résultat. “dawgs” c'est la façon dont les sudistes prononcent “dog” en traînant sur la voyelle.

Ca n'a pas loupé, les GO se sont levés eux aussi pour nous faire une seconde démonstration du cri de guerre avant de nous exhorter à faire de même. Au fond de la salle, l'Allemand, le Brésilien et moi, on était franchement dubitatifs. Mais les Asisatiques se sont levés d'un bond, suivis quelques secondes plus tard par le reste de la salle, encouragée par les World Leaders déchaînés. Nous on s'est fait tout petits derrière pendant que la salle entonnait le “Go dawgs woof”. On était toujours assis quand tout le monde a repris en coeur, une GO est venue essayer de nous convaincre de notre manque d'esprit universitaire, mais nous étions bien décidés à ne pas brader notre conscience dès le premier jour.

Les réunions se sont succédées, aussi pesantes les unes que les autres, on nous a bien expliqué qu'il fallait garder notre bracelet rouge pour nous faire des amis et nous rencontrer entre nous – au cas où nous essayerions de rencontrer des vrais américains. Nous avons même eu droit à une soirée piscine avec glaces et pizza. Il y a très peu d'européens ici, la majorité des étudiants viennent d'Asie, d'Inde, ou d'Amérique latine (beaucoup de Brésiliens notamment). Je n'ai rencontré qu'une poignée de Français et d'Allemands.

Morale de cette première semaine : pour participer pleinement à l'expérience universitaire géorgienne, j'ai décidé de participer à un match de football américain, histoire de poster quelques photos du stade géant et des pompom girls. A suivre donc. J'ai aussi choisi la carte universitaire illustrée de la mascotte, UGA VI. Depuis les années 50, 6 chiens se sont succédés pour porter chance à l'équipe de l'université, et sont présents à chaque match avec leurs petits t-shirt aux couleurs de l''équipe. Go dawgs, woof!


Publié dans eloyneintheusa

Commenter cet article