Episode 2 : Vendredi 4, premier jour à Athens

Publié le par Eloyne

Arrivée vers 8h30 à Athens par la première navette de la journée, avec deux profs de UGA, une étudiante hippie/new age et un couple de pakistanais. Le minibus s'arrête à 500 m de chez moi, mais le prof d'économie insiste, sa femme est en voiture, il va me déposer pile en bas de mon appartement. Sa femme est franchement moins ravie, mais comme elle est américaine, elle me dit qu'elle est “super contente” de me rencontrer avec le sourire glacé caractéristique de l'américaine qui ne cache pas son désagrément.

Mon immeuble est en plein campus, une espèce de barre des années 70, où le temps s'est arrêté. Le frigo est entièrement en métal, et la clim de marque “Frigidaire”. Le filtre est d'époque et crache des morceaux de crasse. La secrétaire est d'époque elle aussi, avec un carré blond platine fatigué et des paupières bleues. Le mobilier sort tout droit de la période amish dépressive, des designers de mobilier étudiant, et la moquette toute neuve a des taches des couleurs intégrées – c'est préventif. En dehors de quelques moisissures, c'est propre, et sans parasites, donc tout va pour le mieux.

Journée découverte du campus, et des magasins environnants pour assembler un premier kit de survie (draps, assiettes, casseroles, tire bouchon,...). J'ai lu quelque part que le réseau de bus était exceptionnellement pratique et développé pour une petite ville américaine d'à peine 100 000 habitants. Effectivement, il y a 27 lignes. Je m'embarque donc sous une chaleur terrible, dans le numéro 20 direction Bed Bath and Beyond (qui vend des trucs de lit, de bain et plus si affinité), à quelques vingt minutes de route du campus.

Une fois mon shopping terminé, avec mes 20 kg de draps, d'assiettes, de casseroles et de tire bouchon sous le bras, je traverse, au péril de ma vie, l'autoroute (enfin l'autoroute américaine, hein, c'est plus large mais moins rapide) pour rejoindre l'arrêt de bus. Et là, sous un soleil de plomb, j'attends. J'attends. Au bout d'une heure, toujours rien. Et je vois défiler les gens, seuls dans leur 4/4 vides. Finalement un type me rejoint à l'arrêt. Le bus va arriver qu'il dit. Mais c'est vendredi, avec les embouteillages, des fois il est en retard. Effectivement, 20 minutes plus tard, le bus finit par arriver. Et le type m'explique : oui, il y a 27 lignes, mais il y a UN bus par ligne. Qui tourne en boucle. Une heure par boucle, un bus par heure.

Et là, après 1h20 sous le soleil de plomb, et mes 20 kgs de trucs, et mon jetlag, alors que de nouveau j'ai bien envie de baisser les bras, le type me fait le coup du sauveur d'Air Canada. Il décide de s'arrêter à mon arrêt, de louper sa correspondance, et de m'aider à porter mes sacs jusqu'à la porte de mon appartement. En prenant mon sac, le sien tombe, et 3 petites figurines en plastique avec. C'est pour sa petite fille qui va avoir 3 ans il m'explique. Moi je l'attends à la porte du bus, chargée comme un baudet. Il est tout essouflé, et à chaque fois qu'il ramasse une figurine, y a un autre truc qui tombe. Et personne ne l'aide. Il me raccompagne, repart prendre son bus, et des grosses gouttes commmencent à tomber. J'arrive chez moi, et là c'est la tempête. Je me demande si mes vitres vont céder, mais c'est l'arbre en bas et les pots de fleur de la voisine qui trinquent. J'espère qu'il a eu le temps de prendre sa correspondance et je me maudis moi et mes réflexes de petite française si facilement déboussolée.

Publié dans eloyneintheusa

Commenter cet article